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  • : Azeffoun... la coquette
  • Azeffoun... la coquette
  • : Azeffoun, cette petite ville littorale de kabylie, connue pour la beauté de ses paysages et la sympathie de ses habitants, Azeffoun est aussi connue à travers ses enfant artistes et écrivains qui on beaucoup donner à la culture algériènne.
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 14:39

IMGP1768Parler d’Azefoun, c’est rimer avec le Qcid de Boudjemaa El Ankis qui retrouve son inspiration dans le village de ses aïeux à Aït Arehouna. Voir Azeffoun, c’est admirer les tableaux de Issiakhem qui d’un coup de pinceau du haut de sa Taboudoucht natale immortalise le bleu de la mer et les couleurs du paysage qui s’étale devant vos yeux dès la crête de Aghribs dépassée.


Vivre à Azeffoun c’est rimer avec les vers de Djaout dont la tombe à Idjouddal est toujours fouettée par les vents de la mer pour le bercer comme il le faisait de son vivant, seul ou avec ses amis. Il descendait sur la plage de Sidi Khellifa pour y composer ses poèmes, écouter le ressac des vagues sur les galets et les criques. Azzeefoun, c’est entendre le rire de Rouiched, faire une trempette du côté de Sidi-Khelifa aussi rafraîchissante que les opérettes des frères Mohamed et Saïd Hilmi dont les échos vous parviennent du haut de l’ancien village où ils ont toujours leur maison ancestrale qu’ils fréquentent chaque été pour fuir le tumulte de la capitale.Azzefoun, c’est prendre le large avec une barque à partir du port, aujourd’hui agrandi, pour rejoindre le « petit paradis » dont le nom est assez évocateur devant la beauté du site. Les vagues vont feront danser sur les airs endiablés de Mohamed Allaoua. Au « petit paradis », une fois la nuit tombée, vous prenez le dernier roman de Bachir Hadj Ali que vous lirez à la belle étoile en écoutant les morceaux choisis de El Hadj Mrizek et le son de son tar, de Abderrahmane Aziz et sa voix mélodieuse ou encore de Hnifa la diva . Au petit matin vous vous réveillerez avec, dans les oreilles, le gazouillis des oiseaux évocateur des partitions de Iguerbouchène et devant vos yeux des images à jamais fixées dans votre subconscient comme l’aurait fait Mustapha Badie avec ses caméras.
En abordant une autre fois la descente vers la grande bleue à partir de Aghribs, c’est la voix chaude de El Hadj M’hamed El Anka qui vous accompagnera à partir de Tagarcift, avec ses qasidat que Abdelkader Chercham et Hamidou ont reprises avec leurs voix sensuelles. A quelques milles du centre-ville, vous allez faire une halte sur les galets, juste à côté du petit pont qui vous mènera droit au petit village de Melatha (ex-Tardieu) où la ferme coloniale trône toujours, un endroit que Mohamed Fellag affectionne particulièrement. Il aimait taquiner, en compagnie de ses potes de la cité des Genêts de Tizi-Ouzou, le sar et la dorade. Là Fellag aimait taquiner aussi ses amis en exprimant sa fierté d’être originaire de la région comme le faisait aussi le grand Hacène Lalmas dont le dribble rageur n’a point d’égal. En fait de là où vous aborder la côte d’Azeffoun, vous êtes accompagné par un artiste ou un chanteur ou autres auteurs. C’est dire que la région d’ Azeffoun a donné naissance à ces hommes et femmes qui ont marqué de leur empreinte l’histoire culturelle de l’Algérie mais aussi la révolution avec Didouche Mourad, Yacef Saâdi et Yacef Omar (petit Omar), originaires de cette région, alors qu’aujourd’hui ce sont les frères Haddad et leur groupe ETRHB qui font sa fierté au plan économique et social.
Azeffoun, à travers son histoire, a toujours suscité l’émerveillement et surtout son énigme quant à l’origine de son nom mais que le temps et l’âge n’ont point altérée. Azeffoun, pour certains, tient son nom du berbère « Uzzuf » qui veut dire colline conique isolée. Pour d’autres, le nom est tiré d’une fleur et d’autres enfin soutiennent que Azeffoun veut dire le point convergent des quatre vents quisoufflent sur la Méditerranée. Peut importe, Azeffoun reste Azeffoun même si les Romains qui avaient été devancés par les phéniciens dont la vieille ville ont laissé encore quelques beaux restes et l’avaient baptisée Razasus dont les vestiges sont encore présents à travers l’enceinte du vieux village ou encore ce temple dédié à un de leurs seigneurs, gouverneur de la région. Azeffoun a été très prospère avec Port Gueydon, nom donné par les Français en hommage à l’amiral Louis Henry de Gueydon qui fut le premier gouverneur général de l’Algérie sous la IIIème République. Azeffoun est un haut lieu d’histoire que l’association culturelle « Razasus » tente de restaurer et surtout d’en préserver les monuments qui ont marqué cette histoire au même titre que l’autre association la plus active aussi celle de « Ivahriène » qui s’attelle à mettre au jour les vestiges datant des périodes, phénicienne et romaine, retrouvés à Aït Arhouna.
Il reste enfin que la ville de Azeffoun est une ville où l’on cultive le paradoxe. En effet comment interpréter cette indigence culturelle au cours de ces nuits d’été où l’animation culturelle est quasi absente si ce n’est ces soirées DJ animées au niveau de la piscine de l’hôtel le « Marin ». C’est la réflexion d’un confrère originaire de la région qui s’est offusqué de cette absence d’animation à Azeffoun qui ne dispose par de salles de spectacles ou autres sites à même d’accueillir ces soirées et de dire « comment une ville comme Azeffoun qui a vu naître de grands noms de la chanson et de la culture algériennes puisse être triste le soir. C’est le comble de Azeffoun. » En attendant, le jour, Azzefoun attire toujours autant de monde et reste attrayante à plus d’un titre. Azeffoun on ne s’en lasse jamais. Au contraire elle est si envoûtante qu’elle vous ensorcèle et fait de vous un mordu de sa beauté. Elle est surtout ce havre de paix où le citadin vient étancher sa soif de détente et d’évasion dans ses endroits féeriques que seule la bêtise humaine pourrait enlaidir.

 

Source : Mohamed Rachid / Elwatan

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:11

Le site archéologique d’Aït Rehouna (Azeffoun) qui est constitué d’allées couvertes vieilles de 5000 ans est situé à 63 km au nord-est de Tizi Ouzou. Malgré son importance, il reste méconnu.

Dans toute l’Afrique du Nord, il n’y aurait que 14 allées couvertes. Parmi elles, 8 sont dénombrées à Aït Rehouna, à 14 km du chef-lieu de la commune d’Azeffoun et 6 autres à Ibarissen , à 8 km à l’ouest de Toudja, dans la wilaya de Béjaïa. Ces sites ont été répertoriés par le chercheur au CNRS, Gabriel Camps, également spécialiste de la civilisation berbère. Selon lui, ces monuments mégalithiques dateraient de 3000 ans avant J. C. Ils sont authentiques, originaux et n’ont pas d’équivalents dans tout le Maghreb. Ces allées couvertes seraient des nécropoles ou monuments funéraires. Jusqu’à présent, des fouilles sérieuses et approfondies n’ont pas été entreprises, hormis celle faite dans les années 1950 par deux chercheurs français : J. CL. et J. M. Musso et qui ont permis de dire qu’il s’agit bien de sépultures collectives, eu égard à la découverte d’ossements en tas, accompagnés de céramiques étrusco-campiennes à vernis noir ainsi que des perles en pâte de verre et des objets en métal (anneaux, clous) ! Un problème délicat se pose alors pour les scientifiques. Le problème de datation reste donc posé ; il y a lieu d’approfondir les recherches. Les scientifiques baptisèrent ces monuments allées couvertes de Kabylie de par leur spécificité. Les habitants d’Aït Rehouna appellent ces monuments « Les petites maisons romaines ». Le nom d’allées couvertes leur est donné par rapport à leur architecture. Des allées rectangulaires, dont la longueur varie entre 8 et 15 m (la plus longue a 15 m à Aït Rehouna). La largeur ne dépasse pas 1,5 m et la hauteur varie entre 2 et 3,5 m. Les blocs de grès constituant les parois et les dalles qui couvrent ces allées sont de très fortes dimensions (jusqu’à 3 m de longueur). L’état de ces allées continue de se dégrader de jour en jour sans qu’aucune autorité ni quelque scientifique ne s’en offusquent. Dans son programme d’action pour l’année 2007, l’association Ivahrien avait classé parmi les priorités, la sauvegarde de ce patrimoine. Son objectif, protéger et clôturer au moins ces allées qui sont dispersées dans le village situé sur une crête (certaines sur le versant est, d’autres sur le versant ouest) avant leur classement comme patrimoine national historique. L’on a appris en outre que la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou prépare un dossier de classement de ce site comme patrimoine national archéologique.

Source: M.Benyakoub / elwattan

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 11:10

 

Une ville d’Algérie peut avoir une histoire millénaire, connaître les affres des conquêtes impériales, abriter des légions de corsaires et offrir au monde des dizaines d’hommes et de femmes illustres, mais elle peut oublier, pour un moment, de cultiver cette mémoire fondatrice.

Par bonheur, ce reniement affectant jusque-là la bourgade d’Azeffoun a vécu.Cet été, dans un sursaut mémoriel, près d’une dizaine d’associations culturelles de cette ville côtière ont tenu le pari, du 15 au 20 juillet dernier, d’exhumer des abysses de l’oubli des légendes de l’art pictural et des monuments de la musique que l’antique Ruzazus (nom donné par les Romains à l’ancien village d’Azeffoun) a vu naître au siècle dernier. Ainsi, à l’ombre de la saison estivale, Azeffoun a abrité au centre culturel Tahar Djaout, une activité culturelle faite de pèlerinage, théâtre, soirées musicales et expositions reprenant la vie et l’œuvre de ses enfants prodiges. Des volontés juvéniles ont ressuscité, au bonheur de centaines de familles juillettistes, le célébrissime Mohamed Iguerbouchène, un maestro de la musique classique, né en 1907 au village d’Aït Ouchène. En 1923, Iguerbouchène abandonna sa flûte de berger et part en Angleterre dans le sillage d’un Ecossais qui possédait un domaine à Cherchell. Apprenant la théorie musicale chez le professeur Livingson de la Royal Academy of Music, il composa les musiques de nombreux films tels Aziza, Dzaïr sur La Casbah et surtout la musique de Pépé le moko à la demande de M. Duvivier. Celle du film Terres idéales, produit en 1937 sur la Tunisie, est aussi son œuvre tout comme il composa, en 1938, la musique du film Kaddour à Paris, réalisé par André Sarrouy. A l’actif du prodigieux, dont quelques manuscrits ont été exposés au public. Reçu avec brio en 1934 à l’examen d’entrée de la Société des auteurs et compositeurs, il devient aussi membre de la Société des auteurs dramatiques la même année. Son talent reconnu par ses pairs, il dirigea les œuvres symphoniques de la BBC sur initiative de la chaîne british et présenta la 3e rapsodie mauresque pour un grand orchestre symphonique. Cela lui a valu le nom à sonorité slave d’Igor Bouchène. Selon le représentant de l’association culturelle portant son nom au village natal Aït Ouchène, le célèbre compositeur possède un répertoire de 590 œuvres musicales et trois contes inédits, dont Au bord du bois et Aïcha et Mechoucha.

« Originelle » explosion

L’artiste peintre M’hamed Issiakhem, né le 17 janvier 1925 à Ath Djennad s’est invité, lui aussi, à l’espace culturel d’Azeffoun. Elève de Omar Racim, Issiakhem fréquenta l’Ecole nationale des Beaux-arts d’Alger de 1947 à 1951, puis celle de Paris de 1953 à 1958. Enseignant à l’ENBA d’Alger et y exerçant plusieurs responsabilités, il « collabora » à Alger républicain. Facette méconnue du comparse du père de Nedjma, Issiakhem a même exercé en tant qu’ergothérapeute pour enfants handicapés mentaux dans une clinique française. En 1963, « Œil de lynx » comme aimait à l’appeler Kateb Yacine « pour sa clairvoyance », disait-il, fonda l’Union nationale des artistes peintres (UNAP). En 1967, il réalisa les illustrations de Nedjma de Kateb Yacine et participa, la même année, à la réalisation d’un film pour la télévision Poussière de juillet. Après d’innombrables « sévices picturaux », Issiakhem décéda le 1er décembre 1985 à Alger. Dans une note retrouvée parmi les articles de l’exposition consacrée à ce peintre, Kateb Yacine disait de lui : « (…) C’était un narrateur inépuisable. Il me racontait son enfance, sa vie de tous les jours jusqu’à notre rencontre. Il se livrait entièrement, ce qui ne l’empêchait pas d’affabuler et de brouiller les pistes, lorsqu’il se laissait prendre au charme du récit. Il devenait alors un grand écrivain, sauf qu’il parlait au lieu d’écrire. » Yacine évoque son « jumeau » (dixit Benamar Médiène) par des mots intenses : « tyrannique », « virtuose » et « martyr ». Sous la plume du poète, Issiakhem est synonyme de volcan, destruction, fleurs, générosité, mort, réaction, explosion, etc. L’explosion d’une bombe entre les mains du peintre fera éclore dans la douleur un génie à l’art traumatique. Depuis 1989, une association de son village natal Taboudhouchth porte son nom et sa mémoire. Architecte de l’exposition, l’artiste peintre Mohamed Boughanem révèle qu’Azeffoun a offert au monde 98 artistes, mais déplore « le manque de documentations concernant les œuvres et la vie de ces étoiles ». Pour l’occasion, cet artiste a tapissé les murs du centre culturel portant le nom du fils d’Oulkhou des dizaines de portraits de ses illustres aînés. Commentant ces illustrations, Boughanem parle d’El Hadj M’hamed El Anka, d’El Hadj M’rizek, d’El Ankis, de Omar Mkraza, de Omar Boudjemia, de Fadhéla Dziria, de Abdelkader Charchem, de Fellag et tant d’autres artistes nés ou originaires d’Azeffoun. Le peintre ne cesse de s’interroger : « Pourquoi La Casbah a été longtemps l’île d’échouage pour les naufragés d’Azeffoun ? » Au fil de la visite, une voix chaude, mélancolique et sensuelle emplissait comme un esprit en mal de repos, les recoins des stands. La figure de H’nifa, diva de la chanson kabyle, de l’exil et du reniement des siens était là. Née dans cette terre sèche et maritime un jour d’avril 1924 à Ighil M’henni, H’nifa fait une entrée mélodieuse à la Radio algérienne en 1952 par la grâce de Cheikh Nordine. En 1953, le rossignol blessé produit un disque chez Pathé Marconi, mais n’oublie pas de s’engager corps et âme au profit du FLN et de la cause nationale. En 1958, la maison Barclay s’offre, elle aussi, cette voix suave et tourmentée. Elle a laissé les classiques South Ouarthirane, Yemma, Taâzizthiou et Ah Yamali. Après une ultime parution publique en 1978 à la salle de la Mutualité, la mort la ravit un certain 29 septembre 1981 dans une chambre d’hôtel parisien, nous indique l’animateur d’une association portant son nom et qui vient de naître à Ighil M’henni.

La fable de la courge

Bourlinguant d’un stand à l’autre, le visiteur marque une halte sur celui consacré aux artistes peintres. Entre les copies des toiles d’Issiakhem, une fresque en quatre scènes capte l’attention. Datant de 1997 et réalisée par Mme Sadi, l’œuvre reprend une légende locale ayant pour objet l’entremise d’un saint poète de cette contrée, Cheikh Youcef Oukaci, pour apaiser un conflit tribal ayant opposé l’arch d’Ath Djennad à l’une des tribus des Igaouaouène (Haute-Kabylie). Les deux archs se sont livrés bataille au sujet de la paternité d’une courge ayant pris racine sur les terres d’Ath Djennad, mais dont le fruit s’est retrouvé sur celles des Igaouaouène. L’intercession du poète, mais néanmoins grand sage Youcef Oukaci, impose que la courge de discorde soit passée au fil de la lame pour départager les protagonistes. Et la paix pris possession des lieux pour longtemps. Mme Sadi nous dit avoir « voulu fixer, sous l’impulsion de (mon) père, l’artiste peintre, Akham, l’histoire locale pour l’épargner de la déperdition ». Aujourd’hui, elle espère pouvoir compléter son œuvre par un cinquième acte, celui de la mort du sage Youcef Oukaci…

Source: Abdennour Bouhireb_ Elwatan_le 23/07/2006

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 15:11

Tous les anciens de la région soutiennent que le premier grand ratissage qu’avait effectué l’armée française dans le cadre de la tristement célèbre « Opération Jumelle » pour venir à bout de la formidable résistance des Kabyles a eu lieu du 9 au 11 octobre 1956 au lieu dit Agouni Uzidhudh près du village Ihnouchene dans la commune d’Azeffoun, en Kabylie maritime.

Durant ces trois jours de combat, l’armée coloniale a utilisé toutes sortes d’armes disponible pour mater la vaillante résistance. Elle avait particulièrement intensifié ses raids aériens et le largage des bombes incendiaires pour brûler la forêt et carboniser vif les résistants. Mais en vain. Les hélicoptères ne cessaient d’évacuer des cadavres et des blessés ainsi que d’amener des renforts et ce alors que les Algériens étaient demeurés encerclés, dans un mouchoir de poche, et sous le déluge de plomb. Au soir du troisième jour l’héroïque ALN a perdu la bataille avec 114 martyrs et un nombre important d’infirmes et de blessés. Mais, les pertes ont été aussi importante du côté de l’ennemi, soutiennent les témoins oculaires.

S’en est suivi alors les décentes punitives des forces coloniales et d’inimaginables exactions sur le petit village. Près de trois ans plus tard, une autre bataille a eu lieu non loin de là, en contre bas de la colline, dans un coin accidenté appelé Timeri. Le 11 janvier 1959, vers midi une centaine de moudjahidines ont été encerclés par l’ennemi, car dénoncé par un « bleu » (relatif aux agents de l’opération d’infiltration des maquis concoctée par Robert Lacoste), demeuré dans leurs rangs.

Au cours de cette bataille qui a duré plus de 24 heures d’échange de tirs les Algériens ont perdu 86 martyrs. « Les armes des chahids restaient sur place, les survivants ne pouvaient les ramasser car il faudrait évacuer les blessés rapidement par la seule brèche ouverte dans la ceinture des soldats français » nous précise l’un des participant Mr Taiati Mohamed connu sous le nom de guerre de Saïd Ouamar.

Aujourd’hui, près d’un demi siècle après ces moments historiques la population patriote et déshéritée du village Ihnouchene réclame toujours des autorités locales et régionales la réalisation des monuments aux morts sur ces lieux de mémoire collective qui porteront gravés sur le marbre les noms des 200 meilleurs enfants du pays qui n’ont pas hésité à donner leurs vie pour que vivra l’Algérie. Une Algérie qui , elle, continue de les ignorer. Eux et leur progéniture.

La preuve ? Pour aller à Ihnouchene il faut emprunter des chemins qui montent vers le sommet des collines. La route qui mène à ce village historique ressemble à une fine cicatrice sur un visage verdoyant et accidenté. Chemin faisant ce qui étonne le visiteur c’est la multiplication des chantiers de travaux de gabionnage. La chaussée s’est affaissée sur plusieurs endroits et le glissement de terrain est en continuel mouvement, nous précisent les habitants. Le chemin menace de rompre et d’enclaver toute la zone. Les travaux de gabionnage n’en finissent plus.

Le village Ihnouchene, construit sur le versant nord de la colline se distingue aussi par le fait qu’il ne compte aucune maison neuve dans toute son étendue. Toutes les habitations sont anciennes couvertes de tuiles rouges et fissurées sinon complètement lézardées et tombées en ruines. Quelques unes l’ont été durant la guerre de libération. Dans ce village, chaque bout de terrain a sa petite histoire.

Les villageois n’investissaient plus dans ce lieu « sinistré par les éboulements et les inondations de niveau 3 -conclusion de l’étude de la commission technique qui a étudié le phénomène- en 1973 » nous apprend un ancien résident surveillé de l’administration coloniale et victime de la torture au chalumeau.

Les fissures des masures même bouchées au ciment rouge se rouvrent la saison d’après. Pour bien illustrer l’ampleur du phénomène le vieillard nous raconte l’histoire d’un abricotier qui a changé trois fois de propriétaire à cause du glissement de terrain en quelques années seulement.

Aujourd’hui, le village qui a donné 36 martyrs est devenu fantomatique presque, habité par seulement quelques dizaines de personnes parmi les plus pauvres de sa population. Ihnouchene est devenu depuis une trentaine d’années un lieu à fuir, aux lendemains incertains. Les reste des villageois ont bénéficié, depuis le rigoureux hiver de 1973, des terrains à bâtir au bord de la mer, au lieu dit Tazaghart.

Mais, l’assiette ne pouvant suffire à tout le monde, plusieurs autres familles y sont demeurées à ce jour vivant et côtoyant le danger à chaque instant. De son côté, l’APC n’a jamais jugé utile de renouveler son geste. Pour ce qui est des achats individuels, tous ceux qui ont des moyens ont quitté le village. Les terrains à bâtir coûtent très chers, 2500 dinars le mètre carré au minimum dans la région.

Aussi contradictoire que cela puisse paraître, ce petit village fuit par ses enfants a cause des inondations vit cependant au rythme d’une pénurie d’eau potable endémique. Pourtant, il est situé juste au dessous d’un château d’eau en activité et la conduite d’acheminement, devant alimenter le village, existe depuis belle lurette. Les actions et réclamations des villageois n’ont jamais réussi à changer d’un iota leur cruel sort.

La pauvre petite communauté résignée qui a tant donné pour le pays souffre le martyrs en silence. Elle vit depuis l’indépendance sans aucun moyen dans le village. Le village ne possède ni dispensaire, ni agence, ni transport. Le tout s’organise comme si l’état n’existe pas…ou pire encore, comme s’il est un ennemi duquel on ne peut rien tirer de bon !

Pour finir, il n’est pas inutile de rappeler le constat d’un sage vieillard et ancien maquisard qui avait dit un jour « j’ai honte de repasser dans certains villages ou j’ai soigné, logé et nourri durant la guerre de libération et de les trouver aujourd’hui dans presque les mêmes conditions d’alors ». No comment.

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 19:04
Une histoire mixte
Dans les témoignages de femmes de la région de Port-Gueydon (aujourd’hui Azeffoun), la date du 1er Novembre 1954 n’apparaît que rarement. Deux raisons à cela : d’une part, l’approche que les femmes ont de leur passé est relativement peu chronologique : il est plus souvent jalonné par le rythme des saisons que par des dates.

C’est un premier aspect de la dimension généré par les mémoires. D’autre part, la commune mixte de Port-Gueydon, en Kabylie maritime, n’est pas le théâtre d’un des attentats du 1er novembre. L’événement le plus proche se déroule à Azazga, à une trentaine de kilomètres. Les manifestations du 8 Mai 1945 et la répression qui s’ensuit paraissent peut-être plus marquantes. Une des femmes rencontrées en parle en ces termes : « On ne s’était pas encore remis de la guerre franco-allemande, ce fut la guerre franco-algérienne. C’était d’une guerre à l’autre. Mon mari était dans l’armée française lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a participé à la guerre contre les Allemands. Puis, à la fin, quand les Français ont remporté leur indépendance, ils se sont retournés contre les Algériens, contre ceux qui se sont battus pour que, eux, ils retrouvent la liberté. » Ainsi se dessine une continuité de la lutte pour l’indépendance. L’entrée dans la guerre (dite d’« Algérie » ou de « Libération nationale », selon le point de vue adopté) ne commence, quant à elle, que plus tard, au cours de l’année 1955, avec l’intensification des départs aux maquis et des opérations militaires françaises. Deux temps se dégagent dans les récits que les femmes de cette région font de la guerre de Libération nationale : un avant et un après les grandes opérations de regroupement de populations. Avant, c’est la vie au village, le soutien logistique aux moudjahidine, les représailles des militaires français. Après, c’est le déracinement et l’adaptation des formes d’aide aux maquisards à cette nouvelle situation. C’est autour de l’expérience de ces « déplacements » que se cristallisent les mémoires des femmes de la région. Dans les années 1950, la région de Port-Gueydon a cette double caractéristique, commune à bien des régions de Kabylie : faiblesse de la colonisation agricole, hormis sur une étroite bande littorale, et importance de l’émigration vers la France et Alger pour l’essentiel. Lors d’une visite du secteur de Azazga - qui comprend le quartier de Port-Gueydon - en octobre 1959, un officier français écrit : « Chaque famille a au moins un travailleur en Mitidja ou en métropole. » Les villages y sont dispersés sur les hauts, ce qui rend la région difficilement contrôlable pour l’armée française. Une politique de regroupement des populations est alors mise en place. Le 1er octobre 1959, la population du village de Tiza est évacuée vers le village d’Ighil Mahni ; ultérieurement, celle d’Aït Illoul est regroupée à la ferme Tardieu, une ferme coloniale abandonnée par ses propriétaires. En février 1960, la population d’Aït Si Yahia est déplacée à Aït Rahouna, un bourg situé sur la côte. En septembre 1961, les habitants de Tifezouine sont dispersés dans plusieurs villages de la région, principalement Bezerka et Azeffoun. En outre, il semble que les épouses, mères et sœurs de moudjahidine aient été regroupées dans un camp spécifique à Tidmimine. Pour les femmes, tous ces lieux, quelle que soit leur dénomination officielle - « villages regroupés », « centres de regroupement », etc. -, sont des « prisons » où l’armée française entend les enfermer, à grand renfort de barbelés et de guérites. « Le long de la route, il n’y avait plus que des prisons », explique l’une d’elles. A ce moment de la guerre, la population civile est très largement composée de femmes et d’enfants, les maris étant en « exil », au maquis ou encore en prison. Les recensements de population que tentent de faire les Sections administratives spécialisées (SAS) donnent les chiffres suivants : sur le territoire de la SAS d’Azeffoun, on compte, en moyenne, de janvier 1960 à décembre 1961, 13% d’hommes ; sur celui de la SAS d’Ighil Mahni, de juin 1960 à décembre 1961, 9%. Ainsi, tenter d’écrire l’histoire des femmes, c’est aussi aborder celle des populations civiles dans une guerre révolutionnaire. Dans les récits de femmes, tout laisse à penser que la frontière que les barbelés doivent dresser entre les moudjahidine et les populations locales en est surtout une pour les militaires français. D’emblée, leurs mémoires sont des mémoires de résistantes, de l’insoumission à l’ordre militaire et guerrier, de la transgression des barbelés. La nuit, la nourriture ou le linge propre destinés aux moudjahidine sont jetés par-dessus les barbelés ou glissés en dessous, parfois avec la complicité d’un harki « qui joue des deux côtés ». Les trajets vers les fontaines sont autant d’occasions de déposer dans des caches ce qui doit être remis aux combattants : les cruches des femmes apparemment vides ou remplies de linge sale contiennent souvent des petits mots ou des denrées alimentaires, ce qui permet au contact entre l’intérieur du village regroupé et l’extérieur d’être, si ce n’est constant, tout au moins régulier. Certaines femmes expliquent qu’il suffit de « faire les yeux doux » aux jeunes militaires français ou faire semblant de courir après son enfant pour échapper à la fouille réglementaire au moment de sortir du camp. Le soutien des civils aux moudjahidine n’a donc pas tari après les opérations de regroupement. Comme au village, les femmes assurent une part du soutien logistique assumé par les civils dans ce type de guerre. Mais, pour l’essentiel, les tâches qui leur incombent relèvent de l’économie domestique : nourrir, laver, soigner, conformément à leur rôle dans une société patriarcale. Rares sont celles qui font partie de l’organisation politico-administrative du FLN-ALN. Si le village regroupé est une prison aux yeux des femmes, il est aussi un lieu qui les met à l’abri de certaines violences guerrières : ratissages, bouclages, arbitraire des représailles, etc. Les civils n’ont plus à subir le saccage des aliments, la décimation des cheptels, le pillage des maisons ; les récits de viols ou de tentatives de viols disparaissent. En revanche, c’est une violence plus structurelle (économique, sociale et symbolique) que les civils ont à endurer : celle du déracinement. L’armée française, en tentant de casser le lien organique entre les troupes de l’ALN et les populations civiles, casse surtout celui avec le terroir, déstructure l’économie locale. Par exemple, la cueillette des figues et des olives est interdite. Ce sont des piliers de l’économie traditionnelle qui sont alors ébranlés. Les femmes doivent aller chercher le « bon de ravitaillement » qui leur est octroyé. Mais la sévérité du rationnement ne permet pas de subvenir aux besoins alimentaires des familles. Aussi leurs récits regorgent-ils de détails sur les palliatifs qu’elles doivent trouver dans ces situations de pénurie : le sel est pris à même l’eau de mer, la caroube et les herbes qu’elles vont « chercher à la montagne », quand elles y sont autorisées, deviennent des aliments de base. Il y a en outre rupture avec les modes d’habiter traditionnels, rupture des géographies familiales et villageoises et de leurs liens de solidarité. C’est ainsi que la guerre s’introduit au cœur des familles, au cœur de l’espace domestique. S’attacher aux aspects quotidiens de la vie en temps de guerre est une autre spécificité des mémoires de femmes. « Dans la remémoration, les femmes sont en somme les porte-parole de la vie privée », explique Michelle Perrot. Voilà, à peine esquissés, quelques aspects de l’histoire des femmes de la région de Port-Gueydon dans la guerre. Cette histoire ouvre sur celle des civils en général dans une guerre révolutionnaire. Les mémoires de femmes fournissent, en outre, des éléments propres qui devraient permettre, à terme, d’écrire une histoire de la vie privée et de l’espace domestique dans l’Algérie en guerre et ainsi d’interroger l’impact réel de ce moment de profonds bouleversements des structures sociales sur la place des femmes dans les familles et plus généralement dans la société algérienne. Le travail de collecte de témoignages est urgent : déjà, les expériences des femmes d’âge mûr au moment de la guerre sont perdues à jamais, car la mémoire est presque le seul matériau dont les historiens disposent pour tenter d’écrire l’histoire de ce groupe social longtemps exclu des sphères de l’écrit. Pourtant, peut-être l’histoire des femmes ne prend-elle tout son sens qu’en la croisant avec celle d’autres groupes sociaux pris dans la guerre. L’approche micro-historique et l’ancrage dans le local pourraient alors permettre d’écrire une histoire mixte (dans tous les sens du terme), plurielle et complexe, à l’image de cette guerre

* Coline Pellegrini  :

Est doctorante en histoire sous la direction de Benjamin Stora à l’Institut Maghreb-Europe, Paris-VIIIe. Sa thèse portera sur la région de Port-Gueydon entre 1945 et 1965. Elle a participé à la réédition du livre de Bernard Gerland, Ma Guerre d’Algérie (Golias, 2002), pour lequel elle a écrit une postface. Coline Pellegrini a également écrit un article sur les traumatismes de guerre chez les anciens appelés français pendant la guerre d’Algérie. Il devrait paraître dans le prochain numéro de la revue Quasimodo, dont le thème est « Corps en guerre ».

  Extrait de : elwatan 11/11/2004

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 18:47
تجذّرت عدّة طرق صوفية بمنطقة القبائل منذ قرون طويلة، ونتيجة لذلك ظهرت العديد من المدارس الشعرية والفنية التي تؤدي (الحضرة الصوفية) بمضامين شعرية تحمل قيما روحية ما تزال حية معبرة عن أصالة الأولياء والصالحين، وأهمية التقوي والصفاء الروحي الداخلي الذي يمثّله الرسول عليه الصلاة والسلام بوصفه النموذج الأعلي للممارسة الدينية والروحية الإسلامية.
ويلاحظ علي الأشعار الصوفية القبائلية أن ثلث كلماتها ذو أصل عربي. وقد تميّزت منطقة القبائل منذ القديم بالتّواجد المكثّف للمرابطين (المقصود بهم الأشراف ذوو الثقافة الدينية و الصوفية) الذين نشروا تعليم القرآن في الكتاتيب و الزوايا التي نشأ وتعلّم فيها العديد من فحول شعراء المنطقة، من امثال الولي الصالح الشيخ محند ولحسين، والشيخ الحاج أسعيذ مجدّد الشعر الديني بمنطقة القبائل والذي تعلّم في زاوية سيدي منصور، وكرّس شعره بعد ذلك للوعظ والإرشاد وتدعيم قيم التضامن والتآزر ومدح الرسول عليه السلام و أولياء الله الصالحين، ومن شعره قوله مترجمًا إلي العربية:
صلّوا علي النبي
مرارًا وتكرارًا
أحبّه الله و أعطاه
فردوس وادي الكوثر
نترجّي شفاعته
رغم ذنوبنا
يا رسول محمد الأنيس
شريف بني طالب
حباك الله بجماله
وبلّغ لك المراد
وقرن اسمك به
المدوّن في عرش الرحمن
فاز من آمن به
وتعلّم وتأدّب
الصلاة علي محمّد المدني
محمّد سيد الرجال
الهاشمي العدناني
بنوره فاق الهلال.
وعن الأولياء والصالحين يقول الشاعر الحاج أسعيذ :
في زمن (الإخوان) الأتقياء
إن ذكروا الله وجلت قلوب المؤمنين
أيّام الولي الشيخ بن صالح
والمرحوم بن سحنون
أصلحوا الطالح فصار صالحًا
يزرعون الخير دون تقتير
الشيخ أعمر أمزيان غوث
هو وابنه محمّد صنوان
في صفّ الأولياء يرعون البلاد
ببركة الله يستظلون
في زمن الأولياء الصالحين
في قلوبهم بصيرة
إنّهم أقطاب الصوفية
منهم الشيخ أجذيذ و الشيخ أعمر
يا أصحاب المراتب السامية
أحفاد الرسول ـ ص ـ
المفاتيح في أياديكم
دعوتكم مستجابة
دعوتكم ودعوت الله
أن ينقشع السحاب عنّا.

ومن الشعر الصوفي القبائلي الذي قيل في مدح الشيخ محند ولحسين، وهو متداول في قرية عشّوبة بمنطقة أزفون بولاية تيزي وزّو:
يا شيخ (محند ولحسين)
يا من تاب في المهد
قصد عين الماء للوضوء
فوجدها مملوءة باللّحم
أيتها العين إني أريد الماء للوضوء
لأزور أولياء الله الصالحين
يا شيخ (محند ولحسين)
يا من تاب في الصغر
قصد عين الماء للوضوء
فوجدها مملوءة بالمال
أيتها العين إني أريد الماء للوضوء
فكل من عليها فان.
ويؤدي الشعر الصوفي ـ بمنطقة القبائل ـ كغناء أو مديح في (الحضرات) والمناسبات الدينية المختلفة، ويخصّ أهل منطقة تفريت بأزفون ـ ولاية تيزي وزو ـ ذكري عاشوراء باحتفال كبير تذبح فيه الذبائح وتقام فيه الحضرة الصوفية التي يحضرها جميع أهل القرية ويأتيها الناس من كل مكان، وما يزال هذا الاحتفال يقام إلي يومنا هذا.
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 14:30
ALLÉES COUVERTES, VIEILLES DE 5000 ANS À AÏT REHOUNA (AZEFFOUN)

L’association Ivahriène inscrit la sauvegarde de ce patrimoine parmi ses priorités et s’assigne comme objectif de  protéger et clôturer au moins ces allées avant leur classement comme patrimoine national historique.

Un site, constitué d’allées couvertes vieilles de 5 000 ans, existe bel et bien au village Aït Rehouna, dans la commune d’Azeffoun (63 km au nord de Tizi Ouzou). Malgré son originalité, il est inconnu, même des scientifiques.
Il n’y aurait, semble-t-il, que 14 “allées couvertes” dans toute l’Afrique du Nord ; 8 à Aït Rehouna (à 14 km du chef-lieu de la commune) et 6 à Ibarissen (à 8 km à l’ouest de Toudja, dans la wilaya de Béjaïa), à en croire le chercheur au CNRS, Gabriel Camps, également spécialiste de la civilisation berbère.
Datant de 3 000 ans avant J.-C., ces monuments mégalithiques, authentiques et originaux, n’ont pas d’équivalents dans tout le Maghreb. Selon toujours G. Camps, ces derniers présentent des similitudes avec seulement certains monuments des îles Baléares et de La Sardaigne, en Italie, connus sous les noms de “Navetas” et “Tombes de géants”. Ces allées couvertes seraient donc des nécropoles ou monuments funéraires. Jusqu’à présent, des fouilles sérieuses et approfondies n’ont pas été entreprises, hormis celle faite dans les années 1950 par deux chercheurs français, J. C. L. et J. M. Musso, une fouille qui a permis de dire qu’il s’agissait bien de sépultures collectives, eu égard à la découverte de tas d’ossements, accompagnés de céramiques étrusco-campiennes à vernis noir, ainsi que de perles en pâte de verre et d’ objets en métal (anneaux, clous…).
Un problème délicat se pose, cependant,  pour les scientifiques. Selon le mobilier trouvé dans les allées d’Aït Rehouna, l’âge serait récent, d’autant plus que ce mobilier n’est pas intrusif (ne datant pas d’une nouvelle occupation des monuments) mais selon l’architecture et d’autres ressemblances frappantes avec les Navetas des îles Baléares et “Les tombes de géants” de Sardaigne, l’âge n’est plus le même. Le problème de datation reste donc posé.
Il y a lieu d’approfondir les recherches. Les scientifiques donnent à ces monuments, de par leur spécificité, l’appellation de “allées couvertes de Kabylie”. Les habitants d’Aït Rehouna nomment communément ces monuments “Les petites maisons romaines”.
Le nom de “allées couvertes” leur est attribué en rapport avec leur forme architecturale : des allées rectangulaires dont la longueur varie entre 8 et 15 mètres (la plus longue, à Aït Rehouna, a 15 mètres). La largeur ne dépassant pas 1,5 mètre et la hauteur varie entre 2 et 3,5 mètres. Les blocs de grès, constituant les parois et les dalles qui couvrent ces allées, sont de très fortes dimensions (jusqu’à 3 m de longueur).
Il faut noter que l’état de ces “allées” est en train de se dégrader continuellement sans qu’aucune autorité ni quelque scientifique ne s’en offusque ni s’intéresse. Dans son programme d’action pour l’année 2007, l’association Ivahriène classe la sauvegarde de ce patrimoine parmi ses priorités. Son objectif : protéger et clôturer au moins ces allées avant leur classement comme patrimoine national historique. Étant dispersées dans ce village, qui trône sur une crête, ces allées sont situées pour les unes dans le versant est, d’autres au versant ouest, d’où des difficultés à les préserver de façon adéquate.
Néanmoins, Ivahriène compte bien “arracher”  quelque chose à l’APC pour valoriser ce patrimoine, en attendant que nos archéologues s’intéressent à ce site qui renfermerait mille et un mystères, pense-t-on. C’est du moins l’hypothèse dominante tant qu’il n’aura pas livré tous ses secrets.

M.BENYAKOUB /Liberté

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 11:39

Bref historique de la commune

  • Ville côtière de la Région de Tizi-Ouzou, son histoire remonte à l'ère romaine - appelée Ruzazus du temps des Romains.
    Les ruines romaines de Thaddart uzeffun temoignent de cette civilisation;
    Au début du 18° siècle , l'amiral Gueydon édifiait un port dans la région d'Azeffoun qui portera son nom, jusqu'à la fin du siècle où Mercier édifia la première commune mixte : Port-Gueydon Département d'
    Alger , puis de Tizi-Ouzou, arrondissement d'Azazga après 1958. Parmi les colons qui y vivaient, on comptait 367 familles françaises. En 1880 le village maritime est érigée en commune.

Azeffoun est l'endroit par excellence où l'histoire et la légende se mêlent pour former un écheveau difficile à démêler.

Il  y a sans doute très peu de villages en Algérie qui peuvent se targuer d'avoir une histoire aussi profonde que celle du Vieil-Azeffoun. Une histoire qui se lit comme un livre ouvert à chaque coin de rue ou de jardin, partout où les yeux se posent. Ici, ce sont des ruines romaines qui interpellent le touriste qui s'aventure jusqu'au sommet de la montagne qui abrite l'antique Rusazu, et là, ce sont des vestiges phéniciens gisant à même le sol qui attirent son attention. Dès votre arrivée au village dans ce qui semble être la place centrale, vous tombez nez à nez avec d'imposantes niches voûtées que l'on désigne sous le nom de Leghwirane. Au nombre de trois, elles sont assez grandes pour permettre à un engin agricole de se garer dans l'une d'elles. C'est sans doute le seul tracteur au monde à se payer le luxe de s'abriter dans un garage vieux de près de vingt siècles. Ces cavités sont le socle qui porte la mosquée du village dite El Djamâa lekvir et dont le minaret est une pure petite merveille architecturale. Toute en pierres, c'était, à l'origine, une tour de garde dont les Romains se servaient pour surveiller la mer d'un côté et les montagnes de l'autre. Retapée sous le règne de Septime Sévère (193-211), elle sert aujourd'hui pour l'appel à la prière.
Même si le béton a fait une grande percée comme partout ailleurs, les vieilles maisons d'Azeffoun ont gardé un indéniable cachet d'authenticité. Avec leur petit toit de tuiles noircies par le temps, leurs vieilles pierres mangées par la mousse et le lichen et les branches de vieux figuiers qui sortent de derrière les murs d'enceinte, elles ont un je-ne-sais-quoi de mystérieux et de noble à la fois.
Selon M. Arridj Amar, président de l'association Tiggmi Ouzzefoun et qui s'occupe de la préservation du patrimoine historique, le nom Azeffoun viendrait du berbère uzzaf qui désigne une colline de forme conique isolée. Cette colline, de par sa position stratégique, a d'abord été occupée par les Phéniciens qui y ont établi un comptoir. Les Romains, grands bâtisseurs devant l'Eternel, y ont édifiée une grande citée avec des thermes, des châteaux d'eau, un fortin dont il reste de grands pans de murs, un arc de triomphe que l'on peut encore voir au lieudit Thihouna et bien d'autres choses encore. Ils l'ont appelée Rusazu, ce qui veut dire grand cap.
Il n'y a pas eu de fouilles archéologiques très poussées sur ce site si bien qu'aujourd'hui, il suffit à un paysan de bêcher un coin de son verger pour faire apparaître quelque antiquité. Quel dommage qu'un tel endroit ne fasse pas l'objet d'attention plus soutenue de la part des pouvoirs publics ! Le charme naturel du village allié à son histoire millénaire peut, au-delà de la préservation de la mémoire collective, constituer des atouts de poids pour drainer des cohortes de touristes de toutes nationalités qui feraient vivre la région et revivre le passé.
Du Vieil-Azeffoun, il suffit de dégringoler une petite descente pour se retrouver à Ath Wendellous, pittoresque petit hameau d'une vingtaine de maisons avec une minuscule mosquée en forme de maison de campagne, une fontaine publique construite en 1937 et une source ancestrale abritée sous un toit en tuiles rouges. Qui mieux que le doyen d'Azeffoun pour nous parler du passé ? Le vénérable aïeul, Jeddi Ouchikh comme tout le monde l'appelle ici (décédé en 2006), avait plus de 104 ans et il jouissait toujours de toutes ses facultés mentales. Il nous apprend que l'ancêtre fondateur, notamment celui des marabouts de la région, est Sidi Ahmed Ou-Youcef. Arrivé ici il y a plusieurs siècles, il s'est marié à une fille de la contrée et a eu sept garçons qui ont essaimé et fondé sept villages dont Ighil Mhand, Taguemount, Taâinsarth, Oulkhou ( le village de feu Tahar Djaout), Ath Wendellous, Thifzouine et Agouni Rihane.  Tout ce qu'on sait de lui est qu'il venu de Miliana mais il s'agit vraisemblablement de l'un de ses nombreux Almoravides (Imravdhen) qui sont arrivés en Kabylie en plusieurs vagues lorsque le royaume qu'ils ont fondé est tombé sous les coups de boutoir des Almohades ou plus récemment encore à la chute de l'Andalousie en 1492.
Azeffoun est l'endroit par excellence où l'histoire et la légende se mêlent pour former un écheveau difficile à démêler. Si personne ne peut dire avec certitude si les Ath Wendellous sont les descendants des Andalous chassés d'Espagne par la reconquista, la question se pose également pour un autre charmant petit village sis à Petit Paradis et que l'on appelle Ijjirmlen. La légende dit qu'il y a bien longtemps un bateau germain a fait naufrage au large d'Azzeffoun. Sans possibilité de repartir, les occupants du bateau se sont installés sur la côte et se sont kabylisés petit à petit au cours des siècles. De leurs lointaines origines, il ne reste aujourd'hui que ce nom vaguement germanique, les yeux bleus et le teint blanc de la plupart des habitants du village.
Azeffoun terre d'histoire mais également d'art car la région a été un véritable vivier d'artistes qui ont nourri la culture algérienne. Ils sont trop nombreux pour être évoqués dans ces colonnes mais on peut citer à titre d'exemple El Anka, Iguerbouchen, Issiakhem, les frères Hilmi Saïd et Mohamed ou encore l'inénarrable Rouiched.

Par Djamel Alilat - Liberté 

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 11:08

Une Semaine culturelle a eu lieu au centre culturel Tahar-Djaout du 15 au 20 juillet. Initiative fort louable que celle prise par l'APC d'Azeffoun, en collaboration avec les associations de la même localité en organisant une semaine culturelle au centre culturel "Tahar Djaout" du 15 au 20 du mois passé en guise d'hommage et d'évocation à la panoplie d'artistes - tout art confondu - issus de la région.

Au long de toute une semaine, l'ex Port Gueydon a vécu dans une atmosphère festive. Un riche programme a été prévu en effet au grand bonheur des estivants notamment ceux qui viennent d'ailleurs : visites guidées aux différents sites de la région : Ruines romaines au centre d'Azeffoun, aux villages Oulkhou, Ait Rehouna, aux demeures de certains artistes à Ighil Mahni (H'nifa), à Ait Ouchène (Mohamed Issiakhem et Mohamed Iguerbouchène), en plus d'une chorale, de récitals poétiques, de représentations théâtrales et des conférences animées par Rachid Mokhtari, Abdelkader Bendaâmache et Boualem Aïssaoui.

Au cours de la manifestation, une exposition est tenue au hall du centre culturel : coupures de journaux, photos, retraçant la vie et l'œuvre de la diva, femme à la vie stellaire de la chanson kabyle, du célèbre compositeur Mohamed Iguerbouchène, de l'illustre peintre M'hammed Issiakhem et de l'intellectuel polyvalent, poète et écrivain journaliste, Tahar Djaout.
Par ailleurs, une exposition de peinture, première du genre par son montage effectué sur micro-ordinateur, de tous les portraits des... 98 artistes que le giron du mont Tamgout a bercés, réalisé par Mohamed Belghanem, un autre artiste natif de la région. Les festivités ont été clôturées par un grand gala artistique animé par une pléiade d'artistes, entre autres Ouazib Mohand Ameziane, Ali Irsane, Ali Ideflawen...

A l'entrée du centre culturel, est accroché un tableau jumelant les portraits de Tahar Djaout, Hadj M'hammed El-Anka et Lounès Matoub. Chacun d'eux souhaitant la bienvenue aux visiteurs par un air qui lui est propre : le premier par son sourire légendaire, le cheikh par un humble trait d'humilité et l'invité d'honneur, Matoub Lounès, qui a fini par mériter sa place au sein du giron de la famille en montant au podium de l'immortalité, par son air pensif.

En l'espace d'une semaine, l'ombre des enfants prodiges de la région a plané dans le ciel; de Mohamed Iguerbouchène, Rouiched, El-Anka à Mohamed Fellag, Mohamed Akham, Said et Mohamed Hilmi, en passant par Mustapha Badie, Mohamed Ifticène et tous les autres. "Répondant" à la convocation, ils étaient là... tous présents.

Mercredi 02 Août 2006

 Ahmed Kessi

IZURAN

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