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  • : Azeffoun... la coquette
  • Azeffoun... la coquette
  • : Azeffoun, cette petite ville littorale de kabylie, connue pour la beauté de ses paysages et la sympathie de ses habitants, Azeffoun est aussi connue à travers ses enfant artistes et écrivains qui on beaucoup donner à la culture algériènne.
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 11:27

Quand la grande Histoire est contée en petites anecdotes

 

La bibliothèque du centre culturel de la ville d'Azeffoun a abrité, ce samedi, la rencontre de l'écrivain Mohammed Hamoutène avec son public. Ce dernier, âgé de 80 ans, n'a pas perdu de sa verve. Il a toujours ce don de raconter la grande Histoire avec de petites anecdotes. Par mots simples, des regards furtifs égrenés sur des périodes phares de l'histoire, l'écrivain racontait la ville d'Azeffoun avec enchantement.
Il faut dire aussi que cette petite bourgade qui se cache entre deux immensités verte et bleue sait se faire discrète. A sa grandeur, ne peuvent accéder que ceux qui savent apprécier l'humble splendeur des grandes cités. Discrète comme une rose d'où se dégagent des effluves qui s'égrènent loin derrière cet horizon montagneux et cette étendue marine. Ses enfants aussi s'envolent et deviennent des prodiges dans des pays lointains. Mais, ils reviennent miraculeusement toujours. N'est-ce pas Azeffoun qui a donné des sommités dans l'art, la littérature et le savoir. Cette petite bourgade a vu arriver tous les envahisseurs et a su aussi leur montrer la porte de sortie.
Mohammed Hamoutène a su raconter cette grandeur. Humble, il le dit au début de sa prestation. Sans prétendre être un historien, l'écrivain racontait la longue histoire d'Azeffoun par des haltes ponctuées de petites anecdotes. N'est-ce pas, comme il le signalait, une rencontre autour d'un café partagé avec un ami que lui vint le déclic après une longue attente faite d'interrogations. Son ami lui révélait, dira-t-il, des anneaux qu'il a remarqués, en se baignant tout jeune, dans une retenue d'eau à Sidi Khelifa. Les Romains, ces redoutables conquérants, avaient découvert des richesses énormes dans cette contrée africaine. Leurs navires n'avaient qu'à pénétrer dans le large de Sidi Khelifa pour ravitailler Rome de liège, de caroubier et autres richesses. Mohammed Hamoutène, nomade dans cette longue histoire, dira que les conquérants ont trouvé des Iflissen qui maîtrisaient déjà la forgerie.
Les sources d'eau abondantes: celles-ci, toujours convoitées, constitueront des rampes de lancements pour tous les envahisseurs. L'écrivain notera que là où il y a des sources d'eau, il y a toujours des ruines et des vestiges de campements romains.
Une autre anecdote vint ponctuer la narration du conférencier. Un ami qui habite Bougaâ. Bourgade située aux frontières des Hauts-Plateaux. Les routes: en effet, Mohammed Hamoutène mentionnera l'existence de routes. «Des ingénieurs français, raconte-t-il, découvriront une route qui part de Sidi Khelifa et qui s'arrête miraculeusement devant une source d'eau à Tifrit Nat Lhadj à Yakouren.» D'autres traces révéleront à ces derniers que cette route en pierres encore intactes se dirige sur Sidi Aïch vers le Sud. L'auteur dira que ces sentiers ouvriront la voie du Sud algérien aux conquérants. La facilité avec laquelle les Romains les ont ouvertes s'explique, selon le conférencier, par la nature sèche de la terre.
A travers sa narration, Mohammed Hamoutène laisse transparaître un profond nationalisme. Cette caractéristique apparaît surtout lorsqu'il raconte l'arrivée des Français qui s'installent copieusement en Algérie, selon son expression, laissant la Kabylie en dernier. Leurs explorateurs mentionneront leurs découvertes, mais dissimuleront toutes celles qui montrent que sur cette terre, il y a eu plusieurs civilisations. Le conférencier racontera une autre anecdote qui fera énormément plaisir à l'assistance. C'était au cours d'une rencontre avec un Français qui, dit-il, voulait le mener en bateau. Mohammed Hamoutène répondra que les Algériens, ce peuple fier, ont chassé les Français de leur pays à l'aide d'un couteau douk-douk.
Sans s'apercevoir du temps qui passe, la conférence tirait à sa fin. Il est vrai que le temps dans la salle se comptait, par la magie du verbe du conférencier, en siècles mais passait au rythme des secondes. L'auteur du roman, Les oubliés de l'histoire, promettra de revenir dans la même salle pour une vente-dédicace dans quelques mois. L'assistance se retira, laissant la ville d'Azeffoun poursuivre le sentier de son histoire, et l'écrivain de s'y accrocher encore plus pour d'autres découvertes. N'est-ce pas lui qui disait au début de sa conférence que l'homme, cette machine qu'aucun autre être ne peut égaler, est imbu d'une qualité qu'on ne retrouve nulle part: la patience.

 

Source : Kamel BOUDJADI / l'expression

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