FILM DOCUMENTAIRE EN HOMMAGE À H’NIFA

Publié le 5 Novembre 2007

Le combat d’une femme

Une femme sur tous les fronts

Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf.

H’nifa, une vie brûlée, est un film documentaire-fiction de 52mn, que nous propose Visuel Impact sur le parcours tumultueux de la grande chanteuse H’nifa. Il nous permettra de découvrir quelques épisodes de la vie d’une des plus grandes chanteuses populaires algérienne. Sa vie, ses frasques, ses succès et ses drames. Le réalisateur Samy Allam et Ramdane Ifftini, en décidant de lui rendre cet hommage, prenaient le double risque d’occulter une partie de la réalité en idéalisant le mythe. De son vrai nom, Ighillarba Zoubida, est née le 4 avril 1924 à Ighil Mahni, Azeffoun.
Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf, H’nifa a chanté la femme, les amours impossibles, l’exil, le sien et celui des autres, la mal-vie. De sa naissance en 1924, à sa mort en 1981, c’est tout un pan de l’histoire contemporaine de l’Algérie qui transparaît en filigrane de sa biographie. La situation sociale des Algériens durant le colonialisme, l’émigration, la création de la chaîne de radio d’expression kabyle, les débuts de la Révolution, sont autant d’événements marquants qui sont abordés dans ce documentaire. Au début des années 30, sa famille quitte le village d’Ighil M’hanni en Kabylie pour s’installer à la Casbah d’Alger, où vivait la majeure partie des villageois de la région, chassés par la pauvreté. Mais cette vie citadine ne durera pas longtemps, puisque sa famille ne tardera pas à rejoindre à nouveau le village natal. A dix-huit ans, son père la marie à un ami du village voisin, une union qui ne durera pas, puisque H’nifa ne restera guère avec ce mari, de dix ans son aîné, jaloux, possessif et violent. Six mois plus tard, elle quitte le domicile conjugal et revient dans le foyer familial, qui à son tour est ébranlé, son père s’étant remarié.
Une situation qui contraint H’nifa d’emmener sa mère avec elle à Alger. H’nifa se remarie. De cette union qui allait à son tour tourner à l’échec, trois années plus tard, naît une petite fille. Pour subvenir à ses besoins et ceux de son enfant et de sa mère, elle travaille comme femme de ménage. Elle habite une baraque en tôle au bidonville du clos Salembier et partage son logis de fortune avec la chanteuse Chérifa. Chérifa qui eut à l’écouter chanter est subjuguée par cette voix si singulière. Elle lui propose alors de se produire à la radio. H’nifa hésite car, à l’époque, le métier de chanteuse est synonyme d’opprobre. Devant les difficultés de la vie et face à l’insistance de Chérifa, elle finit par accepter et brise ainsi le premier tabou. Mustapha Hasni d’abord, Cheikh Nordine ensuite seront ses premier mentors à la radio Alger. A ses débuts, elle intègre «Tarvet El Khalath», une chorale féminine où elle retrouve à nouveau Chérifa et d’autres chanteuses comme Djamila, Zina, Ounissa...En juillet 1956, elle fait son premier voyage en France avec son ami Hasni et continue son oeuvre avec d’autres artistes, tels que, Taleb Rabah, Bahia Farah, Akli Yahiatène, Missoum, Kamel Hamadi...En parallèle, H’nifa active au sein de la Fédération de France du FLN. Grâce à Kamel Hammadi, H’nifa enregistre ses premières chansons qui sont des succès incontestés, notamment Ma Tebghith Ad Amnegal, Ay Aqcic, Azher iw anda tenzith, Dharay iw, et surtout sa chanson autobiographique Maci Dleghna. En 1964, H’nifa se remarie pour la quatrième fois avec un riche commerçant de la ville des Genêts, qu’elle découvre polygame et finit par le quitter. Elle repart en France. Elle arrête de chanter un temps pour reprendre quatre années plus tard avec Yewet iyi ufus iw, Ih ya mali. En 1973, elle interprète un rôle secondaire dans le célèbre feuilleton El Hariq, de Mustapha Badie. C’était sa première expérience en tant que comédienne et sa dernière apparition en Algérie. Puisqu’elle repart en France, où elle participe aux côtés de Cheikh Nordine à une série télévisée, Les Chevaux du soleil. Terrassée par la maladie, elle rend son dernier souffle le 23 septembre 1981 dans un hôtel à Paris. Sa dépouille passe plus d’un mois à la morgue d’un hôpital avant d’être enterrée dans un cimetière de la banlieue parisienne.
Son corps a été rapatrié à Alger par sa fille avec l’aide de Slimane Azem, Idir, Cheikh Nordine, Kamel Hamadi et Akli Yahiatène. Elle a été enterrée au cimetière d’El Alia à Alger le 19 novembre 1981.
Ce documentaire nous conduit à cerner la vraie personnalité d’une femme qui tout au long de sa vie choqua et défraya la chronique mais qui reconnaissait avec une humble lucidité la valeur de la femme.

Idir AMMOUR l'expression, 29 Octobre 2007

Rédigé par Hamid

Publié dans #Célébrités d'Azeffoun

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I.S 10/11/2007 20:24

".....le parcours tumultueux de la grande chanteuse H’nifa. Il nous permettra.....Sa vie, ses frasques, ses succès et ses drames......"

Monsieur Iddir AMMOUR, s'il vous plait un peu de décence n'utiliser pas des termes qui prête à équivoque, les mêmes qu'a utilisé votre confrère du journal liberté, auquel je n'ai pas manqué de lui en faire la remarque, "H'nifa" est morte pitié pour elle ne l'accabler pas de grâce merci et sans rancune. 
 

Mes salutations.
 

Son nom n’est pas IGHIL  LARBA mais IGHILLARBA
 

Is