Secteur de la pêche à Tizi Ouzou

Publié le 31 Mai 2007

Infrastructures inadéquates

La façade maritime de la wilaya de Tizi Ouzou, d’une longueur de 85 km, s’étend sur cinq communes : Mizrana, Tigzirt, Iflissen, Azzefoun et Aït Chafaâ. Sur une surface maritime économique de près de 1400 km2, seuls 1100 km2 sont réservés à la pêche avec une surface de 263 km2 réservée à la reproduction.

D’une étude faite par une équipe océanographique espagnole en 2003, il ressort que le potentiel halieutique de Tizi Ouzou dépasse les 26 mille tonnes : 12 mille t de poisson bleu et 14 000 t de poisson blanc. Mais, de cette biomasse, 1/3 seulement est toléré à la pêche. Soit près de 9000 t/an. Concrètement, en 2003, la production totale a à peine dépassé les 700 t, alors qu’en 2004, celle-ci a été de 1350 t et l’exploitation se fait de manière conventionnelle par une flottille de 10 sardiniers et 112 petits métiers avec une population maritime composée de 100 patrons, 14 mécaniciens et 122 marins. Au port d’Azeffoun, la production moyenne est de 1137 t/an et les espèces pêchées et mises en vente sont la sardine (300 t/an), l’espadon (18t /an), le mérou (16 t/an) et le rouget (15 t/an). A Tigzirt, seules 130 t/an sont produites, essentiellement l’espadon avec 30 t/an. La production du petit pélagique (poissons vivant en haute mer) a connu une augmentation significative passant de 450 t à 860 t entre 2003 et 2004, alors que l’espèce du grand pélagique a vu sa production stagner à 70 t à la même période. Quant aux mollusques (calamar et poulpe), un peu plus de 3 t ont été péchées et vendues en 2003 et plus de 5 t en 2004, contrairement aux crustacées (langoustine, crabe et crevette) dont la production est passée du simple au triple avec 40 t en 2003 et près 140 t en 2004. En théorie, la wilaya de Tizi Ouzou dispose de deux infrastructures portuaires : le port mixte d’Azeffoun et celui de Tigzirt. Les travaux d’aménagement du port d’Azzefoun, une infrastructure destinée aux activités commerciales et de la pêche, ont été entamés au début de l’année 1990 et confiés à la société des travaux maritimes Meditram.

Ports : retards de réalisation

Le chantier a connu d’énormes retards. A la direction des travaux publics, l’on nous explique que le projet a été scindé en deux tranches. Conçu pour accueillir un bateau commercial de 3 000 t, 5 chalutiers, 15 sardiniers et une trentaine de petits métiers, le port mixte d’Azeffoun, « dont le coût a été estimé à 1,2 milliard de dinars, a connu des retards dus à la fois à l’insécurité, aux contraintes climatiques et aux problèmes d’installation du chantier ». La date de sa livraison demeure incertaine. « Seuls le renouvellement et la réparation par Meditram de son équipement endommagé lors de la dernière tempête qu’a connue la côte algérienne à la fin du mois de décembre dernier, pourra déterminer l’inauguration officielle du port », selon la DTP. Pour l’heure, le chantier est doté de cases pour pêcheurs, d’une halle de vente et d’un bloc administratif abritant les bureaux de l’entreprise portuaire de Béjaïa. Si ce port est doté « d’une poissonnerie de 480 m2, celle-ci est non opérationnelle ». Hormis une chambre froide de 18 m3 et une fabrique de glace de 9 m2 d’une capacité d’une tonne par jour, il n’existe « aucune construction de réparation navale ni station d’avitaillement ou conserverie », apprend-on. D’autre part, la réalisation du port de Tigzirt (plaisance et pêche) est de près de 40%. Entamée en mars 2002, par le groupement d’entreprise Meditram et Sotramest, les travaux ont là aussi, été quelque peu retardés « par des difficultés opérationnelles, d’insécurité et d’exploitation de carrière pour l’extraction des roches utilisées pour la jetée en mer, dont 210 mètres linéaires ont été réalisés à ce jour », apprend-on auprès de la DTP. Ce port, qui coûtera un milliard de dinars, pourra accueillir 5 sardiniers et 25 petits métiers sans compter les 2 chalutiers ainsi qu’une cinquantaine de plaisanciers. « Si d’autres difficultés ne surviennent pas, nous prévoyons sa livraison d’ici fin 2005 », nous dit le responsable de la DTP. Deux plages d’échouage pouvant abriter une quarantaine de petits métiers chacune, ont été conçues, mais ne trouvent pas pour l’heure, de financement. L’une est sise à Aït Chafaâ et l’autre à Azeffoun. Leurs études ont été faites par le laboratoire d’études maritimes (LEM) et la réalisation est estimée à près de 30 millions de dinars chacune. Ces infrastructures portuaires « sont gérées par une filiale rattachée à l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), elle-même détenue en portefeuille par une SPA : SGP Sogeport ». Cette affectation, faite sur décision du ministère des Transports, est entrée en vigueur en janvier 2004. C’est l’une des mesures prises pour relancer un secteur, où même le constat « officiel », datant d’avant la création du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques en 1999, relevait « beaucoup de retard enregistré dans la réalisation des programmes et caractérisé par l’insuffisance de crédits financiers, des équipements et des pièces de rechange, avec une flottille de pêche âgée, une pêche côtière et des procédés traditionnels ». Aussi, le 22 mai 2001, a été créée la direction de la pêche, des ressources halieutiques et de l’aquaculture, par le décret exécutif n° 01-135. Elle est dotée de deux antennes : l’une à Tigzirt et l’autre Azeffoun.

Abdenour Bouhireb / elwatan

Rédigé par Hamid

Publié dans #Infrastructures de la commune

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