Liamine

Publié le 24 Avril 2007

Entretien avec Liamine, chanteur chaâbi (réaliser le: 17-04-2007)

«J’ai assuré la relève d’El Achab»

Grâce à son entourage, il  pu reprendre le chemin de la scène au grand bonheur de nombreux fans qui attendaient patiemment son retour. Nous l’avons rencontré et il s’est confié à nous dans un entretien qu’il nous a accordé.

La nouvelle République : Que direz-vous sur vous et vos débuts ?
Liamine : Je m’appelle Haimoune, je suis né en 1947 à El Harrach mais nous sommes originaires d’Azzefoun, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Je reviens à mes débuts : ils remontent à mon enfance. Je m’intéressais beaucoup à la derbouka et de là j’ai attiré l’attention de deux chioukhs, à savoir cheikh Mahmoud et Abdelkader Ouchalla, aujourd’hui décédés. De plus, comme je jouais d’un instrument, je ne ratais aucune soirée familiale pour apprendre encore plus des maîtres du chaâbi. Une fois, il y avait une soirée que cheikh Mahmoud devait animer, mais pour des raisons, il a fait faux bond à l’assistance. Tout le monde a attendu jusqu’à minuit mais il ne s’est pas présenté. Les membres de l’orchestre m’ont donc sollicité car ils savaient que j’allais sauver la mise. Timidement, j’ai accepté. Je suis monté sur scène et j’ai commencé à chanter. J’ai interprété deux q’sids, à savoir «Youm el Djemaa» et «Thlatha zahoua oua mraha». C’est à partir de là que j’ai démontré mon savoir faire dans le domaine. Ce jour-là, il y avait dans l’assistance un grand monsieur, en l’occurrence Baba Dhmane qui m’a encouragé tout en me conseillant de m’inscrire au conservatoire du maître El Anka. C’était en 1966. J’ai suivi ses conseils et j’ai rejoint le conservatoire ; malheureusement, je n’ai pas tardé et au bout de deux mois et demi, j’ai dû quitter pour des raisons personnelle et professionnelle car j’étais soutien de famille.
Comment a évolué la carrière de Liamine ?
Depuis que j’ai quitté le conservatoire, je n’ai plus revu  le maître jusqu’en 1968. Lorsque  je l’ai croisé au cinéma le Colisée, nous nous sommes salués chaleureusement et il m’a demandé pourquoi j’avais abandonné ; je lui ai expliqué les raisons de mon abandon et, depuis, nous sommes restés amis  jusqu’à ce jour. Je garde de bonnes relations avec tous les élèves de ma promotion, mais bien que je travaillais, je n’ai pas pour autant abandonné la chanson. En fait j’ai fait la connaissance du maître Amar El Achab et j’ai été pris comme musicien dans son orchestre. Je ne l’accompagnais pas systématiquement, mais de temp en temps il me confiait quelques soirées. Après son départ en France, en 1975, j’ai pris la relève avec le même orchestre.
J’ai eu, ensuite, la chance de faire la connaissance de Mohand Rachid qui m’a beaucoup apporté, notamment en me donnant des qçid, inédits à l’époque. Puis, il y a eu d’autres rencontres, notamment Mustapha Boutriche, Arezki Berkaoui, Rabah Kaouane, et tout ce beau monde m’a beaucoup apporté.
Avez-vous beaucoup animé en prenant la relève d’El Achab ?
Ma carrière était bien remplie. Entre les soirées que j’animais – parfois, j’en avait trois par semaine -  et les tournées à l’intérieur du pays, je dois dire que je n’avais pas de quoi me plaindre. J’ai également été sollicité par certains médias  pour  effectuer des enregistrements : ce fut le cas avec la télévision et la Chaîne III. Tout cela a donné un grand élan à ma carrière.
J’ai ainsi continué jusqu’en 1990 et puis j’ai arrêté de chanter car j’ai traversé une très mauvaise période où je n’ai fait que raser les murs. Cela a duré plus de dix ans et j’ai repris en 2001 grâce à mes amis, qui m’ont beaucoup encouragé, et à l’âme artistique qui m’habite. Le cœur n’y était pas au début mais mon entourage m’a aussi encouragé à reprendre la scène.
Les médias se sont mis de la partie : j’ai été invité par la radio El bahdja puis par la Chaîne III et ensuite par la Chaîne II. Cela m’a apporté un grand réconfort. Durant ce temps,  je travaillais au siège de l’ENPA, parmi des artistes. En 2005, j’ai été invité sur le plateau de l’émission «Fen bladi» ; puis, lors de l’anniversaire de l’indépendance, j’ai interprété à la télévision deux de mes textes, à savoir «El Djazaïr ya Hbibti» et «Alef mabrouk».
Des projets pour l’avenir ?
Des projets, j’en ai toujours eu mais il est difficile de les mettre sur pied. Aussi,  je vous avoue que pour l’instant je n’avance pas.
Un dernier mot pour clore cet entretien ?
Je vous remercie vivement  et sincèrement de m’avoir donné l’occasion de faire revivre un passé heureux. J’en profite aussi pour remercier tous ceux qui m’ont aidé à reprendre le dessus sur l’adversité et à revenir sur la scène.


H. M. Kahina/ La nouvelle république

Rédigé par Hamid

Publié dans #Célébrités d'Azeffoun

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article