Commune d’Aghribs

Publié le 6 Avril 2007

Les villages non assainis

Aucun village n’est assaini dans la commune ». C’est le président de l’APC d’Aghribs, Rabah Irmèche, qui fait cette étonnante déclaration. Les services de l’hydraulique enregistrent un résultat nul dans une commune de 16 000 habitants et les projets demandés par la population dans ce secteur ne sont même pas au stade de l’inscription.

« L’APC ne peut pas prendre en charge ce dossier dans le cadre des PCD. L’assainissement des villages doit se faire dans un cadre sectoriel », dit le président d’APC. L’alimentation en eau potable reste également un secteur où la commune est très mal lotie. « Les deux chaînes côtières desservant notre commune sont érodées et ne répondent plus aux besoins en eau potable de la commune. L’eau ne coule plus depuis 17 ans. La seule station de refoulement est à l’arrêt et les réservoirs d’eau étaient conçus pour alimenter des bornes-fontaines », souligne le maire. Un énorme retard dans ce domaine vital de l’eau potable et il est question, pour l’heure, d’établir le « diagnostic » pour mettre en place des opérations de réhabilitation du réseau AEP. Ce sont les captages de sources et les puits traditionnels qui sauvent les habitants de la soif. « Nous alimentons avec des citernes de nombreux villages, les écoles primaires et les unités de soins », indique notre interlocuteur. Outre le secteur de l’hydraulique, la situation sociale est encore plus dramatique. C’est le filet social qui prédomine dans cette localité qui recèle de grandes potentialités humaines. Une quinzaine d’agents travaillant au lycée sont engagés dans le cadre des dispositifs de soutien à l’emploi des jeunes et exercent même en tant qu’adjoints d’éducation. Des universitaires payés à 2300 ou 3000 DA par mois pour un travail auquel ils ne sont pas préparés. Aucune unité économique n’est en activité dans la localité. Il n’y a même pas de centre de formation professionnelle pour améliorer les chances des jeunes chômeurs à trouver du travail. Des locaux existent pour accueillir une annexe de la formation professionnelle mais les décideurs ne se sont pas encore penchés sur la requête des citoyens d’Aghribs. Il faut aller à Azeffoun (20 km), ou à Azazga (15 km), pour suivre un stage de formation professionnelle. Devant la défection des pouvoirs publics, ce sont les associations qui essaient d’aider les jeunes à apprendre un métier, à l’instar de l’association du village Adrar, qui a créé une section de couture, faisant bénéficier de nombreuses jeunes filles. Dans le secteur de la jeunesse, le vide est sidéral. « La commune est dépourvue de structures de la jeunesse », disent simplement les élus. Il existe une seule « baraque » qui sert de salle de sports. Les autorités de wilaya affectent enfin deux projets, un « stade homologué » et un « terrain combiné ». La commune de son côté a inscrit sur ses PCD la réalisation de deux foyers de jeunes. Sans travail, ni loisirs, les jeunes d’Aghribs sont livrés à eux-mêmes. « Le code communal ne nous permet même pas de prendre des initiatives pour installer des investisseurs ou engager des liens de partenariat pour développer notre localité, notamment dans le secteur du tourisme. Tout est centralisé au niveau de l’administration », conclut le président d’APC. Sans possibilité de prospecter le terrain avec des partenaires économiques, les élus locaux se tournent vers les comités de villages pour faire aboutir au niveau des pouvoirs publics les requêtes de la population.

Djaffar Tamani _ ElWatan

Rédigé par Hamid

Publié dans #Communes voisines

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