Azeffoun face au sous-développement : 48 villages enclavés

Publié le 27 Mars 2007

Azeffoun, c’est la terre des artistes, la plus ancienne commune de la Kabylie, 48 villages, des terres agricoles et une bande côtière de 27 kilomètres.

Mais, c’est surtout des horizons sombres à cause des marginalisations passées. Pourtant, de gros espoirs reposaient sur le port, attendu pour lancer la locomotive de développement de la région. Son envergure initiale (port mixte, commerce et pêche) a été réduite à une dimension insignifiante. Lancés au début des années 1990, les travaux ne sont toujours pas achevés. La réalisation des terre-pleins n’est même pas entamée. L’espoir s’évapore, et la commune se débat dans d’inextricables problèmes de développement. Le surendettement empêche tout projet alors que les routes attendent leur revêtement depuis des décennies, les foyers attendent l’AEP depuis toujours. Le P/APC, Hassan Ouali, dresse un tableau noir : « Au vu de ses potentialités, notre commune est riche, mais aucun projet n’arrive à sortir du néant. La zone d’activités viabilisée à 100% et composée de 76 lots est toujours à l’état d’abandon ». Aucun investisseur ne s’est manifesté. Idem pour la ZET. Mais, cette zone destinée à l’activité touristique est dépourvue de toute commodité, précise-t-on, sur place. La gestion de la commune qui ploie sous un lourd fardeau de dettes (plus de deux milliards), est devenue un cauchemar pour les élus. Le P/APC ajoute : « Non seulement notre commune est endettée, mais nous faisons face à des problèmes de ponction d’office. Par exemple, le nouveau lycée est construit sur le budget de la commune et non pas sur un budget sectoriel. » Au port, mouillent en permanence une dizaine de chalutiers. La municipalité n’en profite pas. A quelques pas de là, se trouve le Relais du Caroubier, établissement hôtelier qui appartient à la commune. « Il est devenu beaucoup plus une tracasserie qu’une source de rentes. Les adjudicataires de l’hôtel ne remplissent pas leur contrat », déplore encore le P/APC. Et, c’est la voie qui est ouverte à la justice pour des procès interminables. Au titre des PCD, la commune a bénéficié d’une enveloppe de 400 millions de dinars. Mais les projets sont nombreux. « Le chef-lieu est dépourvu d’éclairage public, de trottoirs et les chaussées sont défoncées. A Ath Rehouna, cinq villages n’ont jamais eu une goutte d’eau. Que peuvent faire alors 4 milliards de centimes ? On se rappelle d’Azeffoun uniquement durant la saison estivale. Elle n’est pas une commune ordinaire. Les pouvoirs publics devraient s’intéresser au développement de la région ». Les besoins de la population sont énormes. L’interminable bleu de la mer contraste avec l’immensité de la verdure sombre des plaines de Mlata. Il est évident que la terre n’est pas travaillée. Une autre faille qui accentue l’état de sous-développement de la région.

EL WATAN

Rédigé par Hamid

Publié dans #Infrastructures de la commune

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