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  • : Azeffoun, cette petite ville littorale de kabylie, connue pour la beauté de ses paysages et la sympathie de ses habitants, Azeffoun est aussi connue à travers ses enfant artistes et écrivains qui on beaucoup donner à la culture algériènne.
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 20:13
A la mémoire de l'écrivain, poète et jounaliste Tahar Djaout

 par Yacine SEDDIK

Les journalistes algériens se souviennent aujourd'hui que l'un des leurs a été assassiné par les obscurantistes pour son engagement. Sa mort lui a ouvert grandes les portes de la légende. L'attentat a eu lieu le 26 mai 1993 et la mort l'a emporté 8 jours après, soit le 2 juin 1993.

 

Au moment où l'Algérie subit les affres d'un terrorisme aveugle, accentué par son isolement sur la scène internationale, des hommes et des femmes ont mobilisé toutes leurs énergies physiques et intellectuelles pour défendre une nation menacée par une secte qui ne savait déjà quel projet prôner. Dans leur zèle, les terroristes ciblaient tous ceux qui ne partageaient pas l'idée de l'instauration d'une nation au sein de laquelle ne se reconnaissent que les barbus bannissant toute forme de modernité et de démocratie en visant une cauchmardisation sans limite de la religion. Ainsi, intellectuels, écrivains, journalistes ont payé chèrement la folie de ces criminels assoiffés du sang de ceux qui réclamaient avec acharnement des idéaux démocratiques et républicains. Dans ce climat, il était question de choisir entre verbe qui tracera le chemin du trépas et le silence qui emmerde la vie à bien de conscience. Tahar Djaout a choisi le camp de la famille qui avance en usant d'un verbe pas forcément acerbe mais dans la plupart des cas tranchants. Il fait partie de l'élite qui a défendu au prix de leur vie une république démocratique où s'entrechoquent toutes les idées progressistes loin de toute idéologie fanatique. Poète, écrivain et journaliste, Djaout s'est investi au service d'une Algérie prospère.

 

Une production prolifique

 

La vie de Tahar Djaout était une succession d'évènements. Né quelques mois avant le déclenchement de la guerre de libération nationale du 1er novembre, soit le 11 janvier 1954 à Oulkhou près d'Azeffoun en Kabylie, Tahar Djaout était comme destiné pour accomplir une vie riche en production littéraire et intellectuelle. Il a pu n'être que mathématicien du fait qu'il était licencié en mathématiques de l'université d'Alger (1974). Mais son destin en a voulu autrement. Tahar ne s'en contentait guère et obtint un DEA en sciences de l'information et de la communication de l'université de Paris II. En 1970 déjà, à l'âge de 16 ans, avant même d'achever ses études secondaires, sa nouvelle "les insoumis" reçoit une mention au concours littéraire "zone des tempêtes". Tahar Djaout écrit ses premières critiques pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, collabore régulièrement en 1976 et 1977 au supplément El Moudjahid culturel puis, quand il était libéré en 1979 de ses obligations militaires, reprend ses chroniques dans El Moudjahid. De 1980 à 1984, il était responsable de la rubrique culturelle de l'hebdomadaire Algérie Actualité où il publie de nombreux articles sur les peintres, les sculpteurs et sur les écrivains algériens de langues françaises.

Les évènements nationaux et internationaux des années qui ont suivi 1985 n'ont pas laissé l'auteur des vigiles indifférent. Au contraire, ces évènements l'ont amené à s'investir dans les chroniques politiques. Après l'ouverture démocratique de 1989, Tahar quitte Algérie Actualité en 1992 pour fonder avec Arezki Metref et Abdelkrim Djaâd, son propre hebdomadaire Ruptures. Le premier numéro paraît le 16 janvier 1993. La période noire qu'a connue l'Algérie depuis le début de 1991 était vécue telle une malédiction par l'élite qui enregistre chaque jour un surplus de victime dans ses rangs. Tahar semble déjà en connaître un bout. Il faisait sienne la citation selon laquelle "vous pouvez échapper à la critique en ne disant rien, en ne faisant rien et en n'étant rien". La critique dans ce contexte, ce sont les balles assassines des faucheurs de volontés acquises pour la prospérité de la nation. Le père de Kenza l'a bien assumée cette critique. "Le silence c'est la mort, si tu parles, tu meurs, si tu te tais, tu meurs.. Alors, parles et meurs". Tahar, lui, a parlé tout haut. "De ma bouche, grotte obscure. Depuis longtemps sans vie. Coulera la parole porteuse de l'espoir", disait-il  dans l'un de ses poèmes. Le 26 mai 1993 à Baïnem, dans la banlieue ouest d'Alger, des obscurantistes lui ont fauché la vie à l'âge de 39 ans. L'auteur de l'exproprié a reçu deux balles dans la tête et après un coma de six jours, il a rendu l'âme le 2 juin et a ouvert ainsi la longue liste de journalistes, écrivains et intellectuels liquidés par la barbarie terroriste. Tahar est enterré dans son village natal "Oulkhou".

 

Une mort mystérieuse

 

L'assassinat de Tahar Djaout demeure à ce jour un mystère.. Au lendemain de son enterrement, un "comité vérité Tahar Djaout" pour revendiquer la vérité sur son assassinat, est né. Le 8 juin, le Professeur Boussebsi, membre du comité, était assassiné de plusieurs coups de couteau. A leurs tours, les membres du comité font l'objet de toutes les intimidations et les menaces. Rachid Mimouni  poussé à l'exil alors que Omar Belhouchet échappe à un attentat. Ultime cavalcade, Saïd Mekbel, coordinateur du comité, était abattu en plein jour dans un restaurant à Alger. Terminons avec cet hommage au chanteur de l'amazighité Matoub Lounes qu'il a rendu à toutes les victimes des "égarés".

"Même si la dépouille s'étiole, l'idée ne meurt pas, même s'ils ont fauché tant d'étoiles, le ciel n'en sera jamais dépouillé".

Yacine SEDDIK

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